recto.couv Gaston 2.2.2La neige prend des allures plus folles que ce tantôt ; les quelques flocons voyageurs laissent place maintenant à un rideau plus dense. Le Gaston sait que la neige absorbe les bruits mais rend difficile la progression dans les chemins incertains. Il n'est que temps de se remettre en jambes, puisque, de toutes façons, il faut descendre. La descente mène toujours vers la vallée.

- Je vais me préparer un bol de vin chaud à la cabane du berger et passerai la nuit à cet endroit, il n'est plus question de rejoindre Bessans par cette nuit qui devient trop noire. La lune a tout à fait disparu.

Le pas est incertain, il se prend à glisser sur une mauvaise plaque de neige givrée. Et à nouveau, presque distinctement, un cri rauque mais moins bref que tout à l'heure. C'est sûr, maintenant, il est suivi par quelque animal. Un loup, un chamois perdu. Non, le chamois reste à l'abri du rocher et ne s'aventure pas en pleine nuit. Un loup donc.

Un cri rauque n'est pas sa marque !

Un couinement, là, tout près : une marmotte dans son terrier. La neige mouille cette fois le paysage qu'il devine autour de lui.

Sans faire attention il met le pied dans une mare laissée là par une averse soudaine. Il a été surpris par cette nuit qui est arrivée trop vite. Il a oublié de prendre un éclairage, alors c'est avec incertitude qu'il veut sortir ce pied englué. Impossible, comme collé, comme pris dans un piège. Obligé de faire un effort énorme : qu'est-ce que ça veut dire ?

- Une simple flaque d'eau et me voilà pris.

Un feulement vient en même temps le prendre derrière les oreilles. Le Gaston du Nant est parcouru d'un grand frisson glaçant. Un autre cri rauque, une série de grincements, et il se dégage enfin de la cisaille aquatique. Pendant qu'il était occupé à se défaire de cette mésaventure, il n'avait pas remarqué que la lune était revenue faire une apparition. Il y voyait maintenant tout à fait bien, la neige continuait cependant de blanchir son

chemin. Neige et lune en même temps. Pas possible. Ce diable, si familier aux habitants de Bessans, venait encore faire son œuvre, là, sous ses yeux. Il n'était toujours pas mouillé, sauf son pied. Le diable le protège mais veut lui montrer quelque chose.

Gaston y croit à ce diable, il a dû le rencontrer une fois ou l'autre au détour d'un troupeau mal en point ou d'un chien à la patte folle. Il se retourne, il épie, il veut écouter et surtout se rendre compte de l'endroit d'où viennent les cris. A-t-il peur ? Il ne se pose pas la question. Par ici, on est habitués à des situations fantastiques ou sortant de l'ordinaire.

Alors, une de plus !

Commentaires   

+1 #1 Pierrot 21-05-2015 19:26
Il y a "conte" sur la couverture de ton nouveau livre, une histoire d'un autre temps, avec des perles d'écriture, assurément, même si, pour la plupart des gens, tu seras à mille lieues de leurs "humeurs contemporaines"... Que dire d'autre ? Qu'ils vont sûrement crier "aux loups"... Pour moi, tu es un vrai conteur, un poète. Qui sait encore s'enivrer de ces choses-là, écrites de l'encre des âmes ?...

Bien à toi, l'ami,
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